01 octobre 2009
Le cocon de l'Argiope lobata
En soirée, l'Argiope lobata qui vivait contre l'ouverture de la porte-fenêtre a quitté sa toile qu'elle entretenait avec soin depuis plus d'une semaine déjà.
Bien que d'assez petit taille, elle se porte bien et son abdomen s'est arrondi.
J'en soupçonne les copieux repas qu'elle a fait ces deux derniers jours et leur attribue la raison de son manque d'énergie.
Ayant pris l'habitude de voir déserter ainsi ces orbitèles qui disparaîssent sans prévenir, je la cherche aux alentours de sa toile et la retrouve à quelques mètres de là, se dirigeant laborieusement vers le plafond de la terrasse.
La voilà qui semble tourner en rond,comme si elle tâtait le terrain pour choisir l'endroit le plus propice pour s'installer.
Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes que je comprends que ce n'est point une toile qu'elle cherche à construire : sous ses aller retours circulaires, commence à se dessiner un petit nid de soie blanche...
De là où je suis, je ne vois pas très bien ce qui se passe, alors, me voici, grimpant sur un tabouret, debout sur la pointe des pieds, l'appareil photo au bout d'une main tendue.
J'apprécie ma chance de pouvoir assister à cet événement. Je n'ai encore jamais rencontré le cocon en mongolfière aux soies blanches et noires mêlées de l'Argiope frelon et je ne sais pas du tout à quoi peut ressembler celle de l'Argiope lobata.
Il est plus de minuit, mais je n'en perds pas une miette. Tant pis pour les yeux cernés demain matin !
Près d'une demi-heure plus tard, alors que ses allers-retours et ses trépignements circulaires ont cessé et que l'Argiope semble enserrer précieusement son nid de soie, une photo me révèle quelque chose de jaune vif sous son abdomen.
Les oeufs ont été déposés sur le duvet de soie.
Après de longues, trop longues minutes, l'Argiope reprend son va et vient au dessus du cocon. Peu à peu, un fin drap de soie blanche recouvre la précieuse ponte. Un filet de soie sort des filières tandis que des pattes arrières, l'Argiope semble, telle une fileuse à sa quenouille, dérouler le fil et le déposer régulièrement en l'aplatissant ponctuellement de l'abdomen sur le cocon.
Peu à peu, l'ensemble des oeufs est recouvert, le cocon s'épaissit.
Il est plus d' 1 heure du matin et l'Argiope ne semble jamais vouloir terminer...
La fatigue aura raison de moi.
Ce n'est qu'au petit matin que je découvrirai le cocon achevé. Je prélèverai ce dernier, selon les bons conseils de Jules, pour éviter tout risque de parasitage et découvrir, à l'aube du printemps, la naissance des bébés Argiope.
La maman s'est éloignée à un mètre du cocon. Elles restera quelques jours suspendue à un semblant de toile désordonnée, devenue maigre et plate comme une pièce de 5 centimes... sans doute épuisée.
Ce matin, elle a disparu. Je ne sais où elle est partie, ni si elle a survécu... je ne sais pas combien de temps vit une Argiope ni ce qu'il advient de la femelle après sa ponte...
J'espère un jour le découvrir...
07 juin 2009
18 avril 2009
L'envol des bébés épeires.. ballooning

Elles
ont quitté leur cocon dans la nuit et, par des allers retours
successifs, créent, tout en restant assez groupées, une sorte de filet,
repère sur lequel elles se tiennent et évoluent.
Peu à peu, elles gagnent les branchages les plus proches et tendent à grimper sur les hauteurs, se dispersant un peu mais sans quitter le terrarium...


Dès la chaleur de l'après-midi, les bébés épeires se regroupent en petits paquets compacts...
Elles n'ont pas encore pris leur véritable envol mais ont tissé les fils d'Ariane qui leur permettront d'aller plus haut.
Demain, peut-être...
* * *
Seulement 4 jours plus tard, après une longue période où les bébés sont restés groupés en" paquets", souvent inertes au sommet du morceau de bois posé pour elles, l'envol hors du terrarium a enfin commencé... les jeunes épeires ont retrouvé leur vitalité et cette fois, devenant audacieuses, elles accèdent par leurs fils de soie aux premières branches des conifères du jardin...
Toujours plus haut...
Je pense que c'est le vrai départ. Hélas, un très court orage s'abat au moment où je prends les photos. Je décide de mettre à l'abri le groupe qui n'a pas complètement largué les amarres...
Croisons les doigts pour que les minuscules pionnières aient pu tenir le coup sous l'assaut des gouttes de pluie...


(Demain, sans doute, beaucoup se seront dispersées... ne laissant que quelques "fils de la vierge" dans les arbres d'où elles prendront leur véritable envol...
J'espère que certaines, quand même, ne quitteront pas mon jardin et que je pourrai suivre au jour le jour le cycle de leur vie...)
19 Avril : Les bébés épeires sont en parfaite santé malgré les orages et les averses qui se sont abattus sur elles. Désormais, elles ont toutes quitté définitivement le terrarium et forment trois groupes distincts sur différentes hauteurs de l'arbre mais reliés par des fils ascensionnels qui maintiennent une cohésion entre les bébés et leurs permettent de circuler
20 Avril : maintenant, toutes les épeires ont rejoint le groupe le plus haut de la branche. Elles ont créé une sorte de "tente" en toile où les fils se rejoignent à trois endroits. Là aussi, il semble y avoir un travail de construction en "équipe", plus "construit, moins aléatoire que les fils désordonnés du début.
Ce matin, à 11h30, les épeires étaient à nouveau groupés de façon compacte. Je pense que c'est plutôt le soir, voire la nuit que se font les transits...
21 Avril
Alors que je m'interrogeais sur le moment où une épeire à peine née est apte à construire sa propre toile, je distingue au dessus du groupe une solitaire au centre d'une petite toile !
Cette dernière est maladroitement construite, comme le sont les premières écritures d'un jeune enfant...

Coucher du soleil : Les bébés épeires ont commencé à quitter leur "toile de tente" pour gagner les branches supérieures. Certaines sont à plus de 1m50 maintenant.
J'ignore si ce sera le début de leur essaimage ou si elles vont encore marquer une pause et se regrouper plus haut.
Je me demandais si d'aussi petites créatures se nourrissaient et avaient déjà l'instinct de chasse.
J'ai ma réponse devant cette petite épeire atablée devant son premier casse-croûte :

22 avril : Il ne reste presque plus de bébés dans le dernier regroupement, par contre, j'ai la surprise, au lever du jour de voir un grand nombre de petites toiles magnifiquement construites jusqu'aux plus hautes branches du conifère...
Je constate que l'émancipation des bébés a commencé et que beaucoup sont déjà parties très loin pendant la nuit...
23 avril C'est pour moi la fin de ce reportage.
Le ballooning des dernières épeires a eu lieu pendant la nuit et ce matin, il ne reste que quelques toiles abîmées et désertées. Leur installation n'était définitive pour aucune et je suis un peu triste en pensant que je ne pourrai pas suivre l'évolution de certaines d'entre elles jusqu'à l'âge adulte.
En cherchant bien, je finis par en dénicher une dizaine dont certaines sont déjà sur des arbres plus loins... mais je sais qu'elles ne sont qu'en transit pour un très long voyage...
Ce qu'1 millimètre de vie contient comme instinct ( ce sens de la projection dans l'espace grâce au fil de soie, cette habileté à créer une toile d'une géométrie parfaite... ), comme énergie, comme résistance ( je repense aux bourrasques de vent et aux pluies violentes qu'elles ont essuyées à peine sorties du cocon...)
Je me dis maintenant qu'elles voyageront bien plus loin que certains d'entre-nous... mais combien verront le bout de leur voyage
26 septembre 2008
Histoire des Eurydema ornatum
Oeufs Oeufs + larve stade I Larve stade II ? ( 3mm)
Larves stade III Larve stade IV
Larve stade V ( Avec embryon d'ailes) IMAGO
Larve et son exuvie
30 juin 2008
Du mariage à la Princesse sans ses ailes
Lundi 30 Juin, début de soirée : c'est l'envol des Princesses ( grosses fourmis ailées) et des Princes ( plus petits) chez une tribu de fourmis granivores de mon jardin.
C'est vers le ciel que, sitôt sorties, elles décollent et vont s'accoupler en plein vol. Le nombre est impressionnant. Pourtant peu de femelles parviendront au stade de reine et fonderont une fourmilière

Un peu plus tard dans la soirée, alors que je surveillais quelques locataires à six et huits pattes d'un secteur de mon jardin, un couple de fourmis volantes tombe à terre sous mes yeux.
L'accouplement est terminé : très vite, le mâle quitte sa belle d'un soir et s'éloigne... pour un destin qui sera bref. Il ne connaîtra jamais sa descendance.
Aussitôt, la femelle va procéder à l'ablation de ses ailes.
De contorsions en contorsions, elle arrache celle de droite
Puis celle de gauche
Notre princesse n'a plus ses ailes. Désormais, elle n'a plus qu'un objectif : trouver un endroit sous la terre où, riche de la semence de son prétendant, elle fondera sa colonie.
Je la suis des yeux un moment. A plusieurs reprises, c'est vers des trous déjà creusés qu'elle se dirige, à ses risques et périls... car beaucoup sont les antres de guêpes fouisseuses. Enfin, elle en choisit un où elle pénètre et ne ressort pas...
Si la mort ne l'a pas attendu au fond de ce tunnel, c'est peut-être pour elle le début d'une belle et longue aventure...
22 juin 2008
Philantus triangulum ( Guêpe fouisseuse)
Philantus triangulum
14 juin 2008
Zodarions à l'assaut des fourmis

C'est la fin de l'après-midi et le temps est orageux. Je repère cette Zodarion ( nigriceps?) qui se déplace rapidement mais en se mettant ponctuellement à couvert comme si elle cherchait à ne pas être repérée.
Elle n'est pas seule. Mes yeux en repèrent d'autres qui courent dans un tout petit périmètre.
Ces araignées sont myrmécophages: elle se nourrissent de fourmis.
Or beaucoup de fourmis s'activent dans ce secteur. Petit à petit, le déplacement des Zodarions se resserre autour d'une fourmilière particulièrement active et composée de fourmis de tailles différentes ( 2-7 mm) dont les soldats sont dotés de mâchoires imposantes.
Pour un oeil distrait qui observerait de loin, rien ne permet de distinguer les Zodarions des autres fourmis qui travaillent. Ces dernières ne semblent pas repérer non plus les intruses, ni à la vue, ni à l'odeur, ce qui est regrettable pour elles. Mais en observant avec attention les araignées qui se mêlent aux travailleuses, on constate qu'au moment où celles-ci passent à proximité, il y a un mouvement brusque de rejet. Pourtant, aucun phéromone d'alarme ne semble être lancé.
Finalement, une fourmi va être choisie comme victime.
Cela va se faire de façon très brève : une attaque rapide de Zodarion au niveau de la tête de la fourmi et cette dernière va aussitôt se contorsionner, replier son abdomen, atteinte à l'instant par le venin:
Zodarion s'éloigne, se cache parfois, puis... revient à l'attaque. Il n'est pas rare de voir deux Zodarions "banderiller" une même victime.
Et si j'utilise le terme "banderiller", c'est que c'est exactement l'image que j'ai de ce combat: l'araignée se comporte avec la fourmi comme un toréador face au taureau:
Elle tourne autour en étudiant le point d'impact le plus favorable, non point, là, entre les cornes mais entre les antennes, s'éloigne pour observer
puis revient à l'attaque...
... jusqu'à l'affaiblissement total de l'insecte qu'elle traînera ensuite jusqu'à son antre.
Et le plus étrange dans tout cela, c'est l'indifférence totale de autres fourmis. Appartenant à une société organisée, elles auraient pu, vu le nombre et la taille imposante de certaines, mettre au point une stratégie de défense.
Peut-être que, la fourmilière n'étant pas attaquée et mise à mal dans son ensemble, le prélèvement de quelques victimes au profit des Zodarion est le moindre de leur soucis.







































